Lola Soulier is a Mucem/Iméra resident for the 2024-25 academic year. Her research project at Iméra, the Institute for Advanced Studies of Aix-Marseille University, aims to explore the sensitive connections between humans and reeds. The study highlights both the technical and spiritual dimensions of the relationship with reeds in ancient Mediterranean cultures and emphasizes the urgency of reviving the various artisanal, agronomic, and musical uses that once allowed societies to live in harmony with this civilizing plant.
In order to revive ancestral knowledge and revalue the cultivation and use of this exceptional plant, which grows abundantly along the Mediterranean coast, the project proposes an innovative approach by bringing together organology, ethnomusicology, and ethnobotany, as well as artistic and technical disciplines such as contemporary art, early music, and design.
To learn more, view her resident page by clicking here
Transcript generated by artificial intelligence (Whisper speech recognition model), not yet checked by a human. It may contain errors, particularly in proper nouns, specialised terminology and passages in other languages. Where there is any doubt, the recording prevails.
Video transcript
Click a timestamp to play the video from that point.
0:10 Je suis Lola Soulier, je suis oboïste et musicologue. Je finis ma thèse en musicologie sur le hautbois et son hanche à la Sorbonne. Je suis membre de l'Institut de recherche en musicologie à Paris et je suis actuellement titulaire de la chaire Mucem Imera. En tant que musicologue, je m'intéresse à la fabrication des instruments à hanche et tout particulièrement à la réalisation de l'anche en roseau en partant du matériau végétal, la reconstitution des outils anciens, retrouver les gestes pour obtenir des anges qui nous permettent de rejouer les instruments du XVIIe et du XVIIIe siècle.
0:45 Mon projet de recherche à l'IMERA s'intitule Interaction Roseau-Homme en Méditerranée, hier et aujourd'hui. Le roseau, c'est cette plante qui est derrière nous et qui croît sur tout le pourtour méditerranéen, qui est accessible à tous. Et autrefois, avant qu'on remplace cette plante par des matières synthétiques, l'acier, etc., c'était la plante à tout faire, des gens qui vivaient sur le pourtour méditerranéen, des artisans, des musiciens. Et nous avons perdu la plupart des usages anciens qui nous liaient au roseau. Je souhaite donc, dans le cadre de ma résidence, étudier les collections du Mucem, qui
1:18 témoignent et qui gardent la mémoire de tous les objets qu'on fabriquait autrefois en roseau. Ça va du peigne de tisserand à la quenouille, la salière de berger, la canne à pêche. Il y a vraiment une multitude d'usages intéressants à étudier, à retrouver. Et je souhaite faire des liens avec des pratiques actuelles de designers, d'architectes, d'artistes, qui s'intéressent aujourd'hui à ce matériau qui est donc entièrement biodégradable, qu'il est urgent de retrouver afin de contribuer à la déplastification de nos sociétés.
1:53 Et aussi, cette plante, si on ne l'utilise pas, en fait, elle devient envahissante. Et elle pose problème parce que les cagnés prolifèrent. Et donc, on a tout intérêt à vivre en bonne harmonie avec cette plante compagne et à renouer avec la société du roseau qui était la nôtre. Je suis oboïste et je fais mes hanches en roseau. Quand j'achetais mon roseau dans le commerce, il était trop dur et trop sec et je n'obtenais pas une bonne qualité ni de son ni vibratoire pour jouer. J'ai donc choisi de m'intéresser aux méthodes anciennes en étudiant les traités de
2:26 hautbois, clarinette et basson des 18e et 19e siècle. J'ai redécouvert des techniques de récolte, de séchage extrêmement intéressantes que j'ai confrontées à des pratiques traditionnelles encore existantes en Arménie dans le Languedoc où les savoir-faire se sont perpétués. Au moment où j'ai pris conscience que le problème n'était pas purement facture instrumentale, musicologie, mais que finalement c'était tous les liens de l'homme au roseau qui étaient en jeu dans les savoir-faire, dans la redécouverte des usages de cette
2:55 plante, c'est une chance exceptionnelle d'être à l'Hemera. Je fais partie du programme Méditerranée, ce qui me permet de rencontrer des historiens, des anthropologues, des chercheurs qui s'intéressent aux cultures méditerranéennes et ça ouvre complètement mon horizon. J'ai la possibilité d'avoir accès à la fois aux collections du Musème, mais aussi d'échanger avec les conservateurs et les personnes qui travaillent autour de ces collections. Et ici à Marseille, nous sommes là vraiment dans la région où pousse le roseau et où les
3:24 usages sont les plus diversifiés et les plus répandus, aussi bien par le passé qu'aujourd'hui. Donc c'est vraiment l'endroit où je peux mener mes recherches et approfondir les pratiques.