Alihan Gök holds the "LEST / Iméra – Worlds of Labour" Chair for the 2024-25 academic year. His research project, titled "Reclaiming Social Cooperation: Possibilities and Challenges in the Era of Digital Platforms," examines the relationship between work and digital technology to understand its effects on democratic expectations in the world of work.

As the speed of exchange increases between fragmented labor and micro-capital, new social risks emerge, and the pressure generated by this acceleration weighs even more heavily on the shoulders of a new generation of workers. Alongside the proliferation of new forms of labor management, workers face increasing risks in the labor market without necessarily gaining the autonomy they were promised. From a perspective that bridges labor studies and sociopolitical concerns, this project will explore work in the digital age as well as the potential for the decommodification and democratization of labor.

To learn more, view his resident page by clicking here

Transcript generated by artificial intelligence (Whisper speech recognition model), not yet checked by a human. It may contain errors, particularly in proper nouns, specialised terminology and passages in other languages. Where there is any doubt, the recording prevails.

Video transcript

Click a timestamp to play the video from that point.

0:08 Je m'appelle Ali Ranguek, docteur en philosophie politique. Je suis enseignant-chercheur au sein du département sciences politiques à l'Université de Marmara à Istanbul. Ayant initialement travaillé sur les questions de la philosophie politique, je m'intéresse également aux phénomènes tels que la pauvreté, l'exclusion, l'exploitation, l'aliénation et les souffrances liées à l'expérience du travail. Mon projet inscrit dans le programme Utopie nécessaire à l'IMERA s'intitule « La réappropriation de la coopération sociale, possibilités et défis dans l'ère des

0:39 plateformes numériques ». Partant de l'expérience des travailleurs de plateforme, l'objectif est d'explorer les effets de la transformation des conditions de travail, ainsi que les potentialités de démocratisation du travail grâce à ces réappropriations par les travailleurs. L'un des axes de cette recherche consiste en une étude de terrain sur le travail des livreurs à deux roues. J'ai choisi pour cela deux villes portuaires, Istanbul et Marseille, qui partagent certaines caractéristiques démographiques, sociologiques, climatiques et géographiques.

1:11 L'enjeu est de comprendre comment le travail est vécu comme une activité réelle et signifiante pour le travailleur, en contraste avec le travail prescrit par une autorité externe comme une tâche à exécuter. En mobilisant des méthodes d'observation participantes telles que le shadowing, j'espère limiter les entraves d'une évaluation menée depuis un point de vue complètement extérieur et de pouvoir ainsi révéler les dynamiques spécifiques de ce travail qui se présente comme une activité à la fois autonome, mais qui reste toujours encadrée par une logique

1:46 capitaliste des plateformes. Nos manières de travailler sont aujourd'hui en pleine transformation. Bien que ce phénomène offre certaines possibilités en matière d'autonomie et de flexibilité, cette promesse de liberté est en tension avec de nouvelles formes émergentes de domination où la subjectivation coexiste avec l'aliénation, souvent à l'origine des souffrances sociales. Analyser les effets ambivalents du travail des livreurs à deux roues, tant dans ces dimensions positives que négatives, nécessite une approche interdisciplinaire en sciences

2:18 sociales. Et c'est d'ailleurs cette exigence qui m'a conduit à développer au fil du temps une démarche intégrant une dimension théorique et pratique. Marseille est une ville en mouvement qui offre un environnement riche en opportunités, d'échanges scientifiques. Marie grâce à ces nombreux espaces de rencontres académiques. Parmi ces lieux, l'IMERA représente pour moi un toit accueillant, généreux, amical qui recueille les scientifiques de diverses disciplines qui sont prêts à partager. Grâce aux ressources et aux collaborations offertes par les institutions telles que le

2:52 Laboratoire d'économie et de sociologie du travail et le collectif Artlib, je suis convaincu qu'il sera plus facile pour moi de m'orienter dans mes travaux. De plus, ce projet constitue une occasion précieuse de maintenir un dialogue avec les entourages académiques en Turquie, surtout avec le collectif de travail et économie de plateforme en Turquie, dont je fais partie, et d'encourager les échanges intellectuels entre les milieux turcs et français.