Ambra Zambernardi est titulaire de la Chaire Région Sud / Iméra – Germaine Tillion : Demain, la Méditerranée. Son projet de recherche à l'Iméra, l'Institut d'Études Avancées de l'Université d'Aix-Marseille, propose de juxtaposer la célèbre triade terrestre de la Méditerranée de Fernand Braudel (1977), BLÉ – VIGNE – OLIVIER, à une triade maritime SEL – THON – CORAIL, trois produits qui, de manière non exclusive mais prépondérante, ont marqué l’histoire économique et sociale de la mer Méditerranée. Elle veut explorer la possibilité que ce trait (la présence répandue et souvent superposée de madrague, de salines et d’activités coralliennes tout au long de ses côtes), commun à tant de peuples méditerranéens, soit un élément distinctif d’une certaine «Méditerraneïté».

Pour en savoir plus, consultez sa page résidente en cliquant ici

Transcription générée par intelligence artificielle (modèle de reconnaissance vocale Whisper), sans relecture humaine à ce jour. Elle peut comporter des erreurs, en particulier sur les noms propres, les termes spécialisés et les passages en langue étrangère. En cas de doute, l’enregistrement fait foi.

Transcription de la vidéo

Cliquez sur un horodatage pour lancer la vidéo au passage correspondant.

0:09 Je m'appelle Ambra Zambernardi, je viens d'Italie et je suis anthropologue et danseuse. Mon rattachement institutionnel est au département de culture, politique et société à l'Université de Turin, où je suis chargée de cours pour l'enseignement intégratif en anthropologie du genre et de la parenté. Après une licence en anthropologie du Moyen-Orient et un master 2 en anthropologie culturelle et ethnologie en histoire des pays islamiques, j'ai obtenu mon doctorat en sciences anthropologiques aux universités de Turin et de Séville en Côte d'Hôtel

0:42 International. Et au même temps, je travaille comme danseuse depuis 2013. Mes intérêts de recherche portent sur l'histoire, l'ethnographie et l'anthropologie de la Méditerranée et du Moyen-Orient, l'ethnographie entre espèces, mais aussi les systèmes et les communautés de pêche en Méditerranée et l'éthologie marine et les écosystèmes côtières, marins et littoraux. Ma résidence annuelle à l'IMERA est placée dans le programme de recherche méditerranée dirigé par Marie-Pierre Hulois et je suis titulaire de la Chaire Imera Région Sud

1:15 Germain-Tillion, Demain la Méditerranée. Mon projet de recherche à l'IMERA est titré « Celle, thon, corail, la triade maritime méditerranéenne » et se situe entre l'anthropologie maritime comme air thématique et l'anthropologie de la Méditerranée comme air géographique. Je propose de juxtaposer à la célèbre triade terrestre de la Méditerranée « Blé, vigne, olivier » conçue par l'historien Fernand Brodel une triade maritime méditerranéenne faite de sel, de thon et de corail qui sont trois produits qui ont marqué l'histoire économique

1:50 et sociale de la mer Méditerranée. Paradoxalement, la mer a été la véritable grande absence de débats et de recherches dans l'anthropologie méditerranéenne depuis toujours. Avec des rares exceptions, nous avons cultivé une anthropologie de la Méditerranée qui a été définie presque hydrophobe, et plutôt concentrée sur des communautés rurales, urbaines ou des paysans. Mais nous sommes dans la décennie de l'océan et le but de cette recherche est un tournant maritime, la réhabilitation de la mer, de ses métiers et de ses habitants humains et

2:23 non-humains dans l'anthropologie de la Méditerranée. Depuis 2014, mes recherches artistiques et scientifiques sont consacrées à la culture des madragues au temps rouge en Méditerranée et Atlantique. Je voudrais étendre le travail de documentation, d'ethnographie et de cartographie autour de la pêche au thon rouge à d'autres systèmes côtières et maritimes qui sont la saliculture et la pêche au corail, avec une approche indisciplinaire et une posture non anthropocentrée, mais plutôt multiespèce, voire écosystémique. Dans le cadre de la diffusion de mes recherches, je me suis toujours engagée dans une

3:05 tentative hétérographique, c'est-à-dire la restitution des données ethnographiques par d'autres moyens que l'écriture classique. Je pense à la photographie, à la danse, au théâtre, en impliquant également des participants et des artistes externes avec lesquels je partage des formes de co-création et d'expérimentation artistique, comme l'illustrateur italien Alberto Valente ou la violoniste italienne Marta Tortilla. Marie Vibre Marie Vibre Cet engagement a conduit, parallèlement à la production de la thèse illustrée et d'articles scientifiques, à la réalisation en cours d'une monographie

3:40 photoéthnographique, d'un atelier de danse, d'une pièce théâtrale, mais aussi d'une narration vidéo et d'un slam scientifique. La résidence à l'Imera est donc une opportunité exceptionnelle de cultiver mes aspirations pour faire dialoguer les arts et les sciences et de continuer à nourrir des liens avec d'autres disciplines dont je peux m'inspirer et apprendre.