Henri Njangang, économiste de développement et enseignant-chercheur à l'Université de Dschang au Cameroun, détaille son projet de recherche mené à l'Iméra.
Il s'intéresse à la manière dont les réponses apportées aux crises climatiques peuvent affecter les dynamiques sociales. Il souligne que le changement climatique peut agir comme un amplificateur des inégalités déjà existantes.
Au programme de cette étude interdisciplinaire :
• Financement climatique orienté : Analyser si un financement intégrant explicitement une composante genre peut réduire les inégalités dans l'emploi, l'éducation et la santé.
• Vulnérabilité féminine : Étudier les femmes comme des personnes plus vulnérables face aux effets climatiques en Afrique, en raison de leur rôle dans l'agriculture, la santé et l'économie informelle.
• Méthodologie : Mobiliser une méthodologie robuste et de causalité pour analyser empiriquement l'impact de ce financement en Afrique.
• Justice climatique : Collaborer avec les collègues de l'AMSE et des spécialistes de l'économie du genre pour contribuer au débat contemporain sur la justice climatique et les inégalités de genre.
• Page du résident (Iméra) : https://www.imera.fr/chercheur/njangang-henri/
• Laboratoire AMSE : https://www.amse-aixmarseille.fr/fr
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0:08 Je suis Henri Ndiangan, économiste de développement, enseignant-chercheur à l'Université de Tchon, au Cameroun, affilié au laboratoire de recherche en économie fondamentale et appliquée. Je suis aussi enseignant et invité à l'Université de Yaron-des-Dieu. Mes travaux s'inscrivent à l'interaction entre l'économie environnementale, l'économie politique et les institutions. Je m'intéresse aux freins structurés de développement des pays en développement et en particulier en Afrique, à l'effet des financements internationaux, des institutions
0:38 publiques et aussi des dynamiques sociales. Mes travaux s'orientent de plus en plus vers des questions de pauvreté énergétique, de gouvernance, des inégalités, des inégalités du genre que je mets en relation avec la transition écologique. Mon projet de recherche à l'IMERA s'intéresse à une question globale, qui est celle de savoir si les réponses apportées aux crises climatiques peuvent affecter les dynamiques sociales. Et là-dedans, je m'intéresse à une composante précise qui sont les inégalités de genre. L'objectif, en fait, ici, est de voir si et comment le financement climatique intègre de
1:08 façon explicite une composante genre peut réduire les inégalités entre hommes et femmes dans le domaine de l'emploi, de l'éducation et de la santé. Les femmes, en fait, sont la composante la plus vulnérable qui fait face au quotidien, aux effets néfastes du financement climatique. Ceci en raison de leur rôle dans l'agriculture, dans la santé et dans l'économie informelle. Et pour cela, dans ce projet, il est question pour nous de mobiliser une méthodologie robuste et de causalité pour analyser empiriquement. Comment ce financement climatique orienté vers le genre peut réduire ces inégalités de
1:51 genre en Afrique ? Depuis plusieurs années, mes travaux analysent les déterminants structurels des inégalités dans les pays en développement, notamment la pauvreté énergétique, la gouvernance et les questions du financement institutionnel. J'ai progressivement constaté que les réponses apportées au changement climatique sont souvent évaluées plus sous l'angle environnemental, mais peu sous l'angle social. Pourtant, le changement climatique ici peut agir comme un amplificateur des inégalités déjà existantes. Ce projet est un prolongement naturel de mes travaux qui s'inscrit dans une relation entre
2:28 les vulnérabilités environnementales, institutionnelles et sociales. Il s'agit de mieux comprendre comment les instruments financiers globaux peuvent transformer les dynamiques sociales locales. L'IMEA représente un cadre… On rencontre des chercheurs de tous bords, des climatologues, des sociologues, des philosophes, des économistes du genre. Donc durant ces cinq mois, je serai vraiment particulièrement intéressé à collaborer avec mes collègues de l'AMSEE et aussi des spécialistes de l'économie du genre pour approfondir
3:01 l'analyse des mécanismes sociaux. Mon ambition est que cette résidence me permette de produire un travail qui soit scientifiquement rigoureux, mais aussi socialement pertinent, permettant ainsi de contribuer au débat contemporain sur les questions de justice climatique et l'inégalité du genre.