Maxime Nicolas, professeur de physique à Aix Marseille Université, présente son projet de recherche « Les flux dans la ville » mené à l’Iméra pour l’année académique 2025-2026.
Spécialiste en mécanique des fluides au sein du laboratoire IUSTI, il propose un regard de physicien sur la complexité des mouvements urbains. En transposant des concepts physiques tels que la pression, la contrainte ou l'écoulement aux dynamiques socio-économiques, il analyse la ville comme un système de réseaux superposés.
Au programme de cette étude interdisciplinaire :
• Modélisation des flux : Comment les outils de la physique permettent de comprendre les déplacements de populations.
• Pression sociétale et tourisme : Une analyse des dynamiques qui conduisent au surtourisme et à l'agglutination autour des monuments emblématiques.
• Études de cas à Marseille : Analyse concrète des flux d'emprunts dans les bibliothèques et des mobilités touristiques locales.
• Approche transversale : Une collaboration étroite avec les géographes de l’alliance CIVIS (Hub « Cities, territories and mobility ») pour repenser l'observation urbaine.
• Page du résident (Iméra) : https://www.imera.fr/chercheur/nicolas-maxime/
• Laboratoire IUSTI : https://iusti.cnrs.fr/
• Aix-Marseille Université : https://www.univ-amu.fr
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Crédit vidéo : RGxHB Productions
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0:05 Je suis Maxime Nicolas, professeur des universités à l'Université d'Aix-Marseille. Je suis chercheur en mécanique des fluides après une thèse en physique des fluides. Je me suis spécialisé en mécanique des fluides complexes. Les fluides complexes, c'est en général un mélange d'un fluide simple avec d'autres constituants. Et des exemples que l'on a dans notre vie quotidienne, ça peut être les bétons frais, les pâtes alimentaires ou les poudres pharmaceutiques par exemple. La difficulté actuelle, c'est d'avoir une bonne description mathématique du comportement
0:31 en écoulement de ces matériaux. Donc nous avons besoin de développer des stratégies expérimentales, numériques ou théoriques pour essayer d'avoir une bonne description mathématique complète de ces équations. La difficulté également, c'est de résoudre ces équations car elles sont intrinsèquement non linéaires. J'effectue mes recherches au laboratoire Justy, qui est une unité mixte de recherche à MU-CNRS. Et je fais mon enseignement à Polytech Marseille avec des élèves ingénieurs qui sont dans les thématiques du génie civil ou mécanique énergétique.
1:01 Merci. Certains élèves sont également en double cursus ingénieur architecte. Mon projet à l'IMERA s'intitule « Les flux dans la ville ». Je m'intéresse à tout ce qui se déplace dans une ville. Alors il y a des flux très évidents comme le mouvement de l'air, le vent, les circulations des circuits d'eau, d'électricité. Ça peut être aussi s'intéresser à la circulation des personnes, que ce soit des piétons, des vélos, des voitures ou des transports en commun. Mais je m'intéresse plus particulièrement aussi à des flux qu'on appellerait invisibles et
1:27 je cherche à les révéler sous une forme un petit peu originale. Le plus bel exemple d'un flux invisible, c'est le déplacement des documents, des livres qui sont empruntés à partir des bibliothèques de la ville de Marseille. On peut imaginer que chaque document emprunté est une particule d'un flux d'imaginaire et s'intéresser à la cartographie de diffusion, d'étalement, de circulation de ces documents au travers d'un tissu urbain. Donc cela interroge la place de la diffusion de la culture. C'est une question qui est intéressante puisque le terme diffusion est un terme qui est
1:58 physiquement bien défini et on utilise très souvent le terme diffusion de la culture pour s'intéresser à la place de la culture, par exemple dans un milieu sociologique. Donc c'est un projet qui est pour moi intrinsèquement interdisciplinaire puisque à travers mon regard de physicien, je me pose aussi des questions de type géographique et cartographique en allant presque vers les questions sociologiques sur l'importance de la culture dans la ville. Cela permet d'interroger la place de la culture dans la ville à travers la notion de
2:25 diffusion de la culture. J'ai commencé il y a quelques années à travailler avec des chercheurs géographes, en particulier dans le cadre de l'Alliance Civis. La question qu'on s'est posée, c'était d'observer le tourisme et en particulier le surtourisme qui devient un enjeu de société. Par le développement des avions low cost et des locations saisonnières, on peut constater ces dernières années une forte affluence de touristes en certains endroits de la planète, en particulier dans des centres-villes qui sont déjà très très denses.
2:49 Quand un grand nombre de personnes se concentrent au même endroit, évidemment la notion de densité est un concept de physique très intéressant et donc la dynamique des foules, qui est un sujet qui est habituellement utilisé par le regard des physiciens, a été aussi croisé avec le regard des géographes. Donc ça a été la première expérience vraiment interdisciplinaire pour moi qui m'a mené à ce projet à l'IMERA. Mon congé recherche m'a permis de vérifier que la curiosité et le questionnement perpétuel étaient les moteurs essentiels de la recherche.
3:17 Par le biais de discussions quotidiennes ou de rencontres hebdomadaires avec les autres résidents de l'IMERA, j'ai aussi pu vérifier que l'interdisciplinarité était un ingrédient très vivant pour la recherche. La rencontre avec les artistes résidents m'a montré que la communication scientifique peut se croiser et s'enrichir avec des productions plus esthétiques et plus sensibles. Même si ma résidence se termine dans quelques jours, je vais poursuivre mes travaux afin de présenter dans les mois à venir un événement, une communication auprès d'un large
3:45 public.